N°355 du 24 mars 2009

MGUS et risque d’évolution en myélome (MM) chez les survivants après la bombe de Nagasaki : risque élevé chez les sujets jeunes exposés à des doses élevées et des temps de latence prolongés.
Il existe peu de données concernant l’étiologie des MGUS. Dans cet article, Masako Iwanaga évalue le risque de MGUS et de transformation en myélome multiple (MM) chez les survivants de la bombe atomique de Nagasaki. Entre 1988 et 2004, 52.525 participants exposés ont eu une recherche de MGUS dans le cadre d’une surveillance prolongée de la population cible. Parmi ces participants, 1103 patients avec un MGUS ont été identifiés, 19 patients avec un MM et 2 patients avec une macroglobulinémie de Waldenström (MW). Les 1082 patients avec un MGUS sont analysés dans cet article. La prévalence du MGUS est de 2,7% chez les personnes exposées à moins de 1,5 km : elle est de 1,9% entre 1,5 et 3 km et de 2,0% pour les personnes exposées à plus de 3 km. Elle est de 2,5% pour les personnes ayant reçu plus de 0,1 Gy, 2% pour celles qui ont reçu entre 0,01 et 0,1 Gy et de 1,6% en cas d’exposition inférieure à 0,01 Gy. Le ratio de prévalence ajusté à l’âge et au sexe est de 1,4 pour les personnes ayant été exposées avant l’âge de 20 ans et dans un rayon < 1,5 km alors qu’il n’existe pas de différence significative pour les personnes âgées de plus de 20 ans au moment de l’exposition et ce quelle que soit la distance de l’exposition. Les analyses ne montrent aucun impact de la dose chez les personnes âgées de plus de 20 ans au moment de l’exposition. Le ratio de prévalence est de 1,66 pour les personnes âgées de moins de 20 ans et exposées à une dose supérieure à 0,1 Gy. Les patients présentant un MGUS ont été suivis pendant une médiane de 7,4 ans (0,19-16) : 365 patients ont été suivis jusqu’à leur décès. 44 patients (4,1%) ont progressé en MM et 3 patients en MW. La période de latence entre le diagnostic de MGUS et la transformation (en MM ou MW) est de 5,3 ans (0,1-15,9) : la probabilité de transformation est pour l’ensemble des patients de 6,9% à 10 ans et de 8% pour le dernier suivi. La probabilité de progression est plus élevée pour les personnes exposées dans un rayon de moins de 1,5 km par rapport aux patients exposés dans les autres zones. Elle est aussi plus élevée chez les personnes exposées à un âge > 20 ans par rapport à ceux exposés à un âge < 20 ans. La probabilité est aussi significativement plus élevée chez les personnes avec un pic > 15 g/L au diagnostic comparé aux patients avec un pic < 15 g/L (12,5% versus 2%). Ces données épidémiologiques laissent suggérer que contrairement aux leucémies le MGUS et le MM sont des hémopathies malignes ayant un temps de latence extrêmement long après une exposition aux radiations ionisantes.
Rédacteur : Xavier Troussard
> Iwanaga M, Tagawa M, Tsukasaki K, Matsuo T, Yokota K, Miyazaki Y, Fukushima T, Hata T, Imaizumi Y, Imanishi D, Taguchi J, Momita S, Kamihira S, Tomonaga M. Relationship between monoclonal gammopathy of undetermined significance and radiation exposure in Nagasaki atomic bomb survivors. Blood. 2009 Feb 19;113(8):1639-50.

  
 
 
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