N°389 du 15 décembre 2009

L’allogreffe comme traitement de seconde ligne de la LMC ?
Avant l’ère des inhibiteurs de tyrosine kinases (ITK) seule l’allogreffe permettait d’obtenir une rémission prolongée dans la leucémie myéloïde chronique (LMC). Les résultats étaient d’autant meilleurs que la masse tumorale était faible au moment de la greffe de telle sorte que par exemple, les patients répondeurs à l’interféron avaient une évolution plus favorable que les autres. En fait, comme dans bon nombre d’autres hémopathies malignes, l’allogreffe est considérée comme étant la seule alternative curative dans la LMC. L’imatinib est actuellement le traitement de première ligne alors que les nouveaux ITK ont fait leur preuve chez les patients résistant à l’imatinib. Saussele et al rapportent une étude allemande comparant imatinib à 400 mg versus imatinib à 800 mg versus imatinib + interféron versus imatinib + AraC versus imatinib délivré après échec de l’interféron. Dans ce protocole, les patients ayant un donneur, un faible risque de toxicité liée à la greffe (selon le score EBMT) et une maladie à risque évolutif élevé (échec de l’imatinib, phase accélérée ou blastique) étaient allogreffés en seconde ligne. 84 malades étaient ainsi allogreffés incluant 56 phases chroniques comparées à 106 malades traités par ITK en première phase chronique (PC). 64% des greffons étaient non apparentés. Alors que la comparaison était à priori à l’avantage du traitement par ITK (première versus seconde ligne), les résultats ne montraient aucune différence avec une survie à 3 ans de 91% chez les malades allogreffés et de 95% chez les patients traités par ITK en PC. La mortalité toxique liée à la greffe n’était que de 8%. La survie à trois ans des 28 malades allogreffés en phase accélérée ou blastique était de 59%. 88% des patients allogreffés obtenaient une rémission moléculaire. Ce chiffre est estimé à 30-35% après 5 ans de traitement par imatinib selon l‘expérience du groupe. Selon les auteurs, ces excellents résultats de l’allogreffe reposent sur la sélection des malades, leur masse tumorale au moment de la greffe, le conditionnement incluant le treosulfan, les progrès du typage HLA et de la réanimation hématologique. Basés sur ces données Saussele et al concluent que l’allogreffe serait la meilleure option thérapeutique de seconde ligne chez les malades ayant un donneur et échappant à un ITK.
Rédacteur : Eric Wattel

  
 
 
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