N°396 du 9 février 2010

Quelle modalité de surveillance dans le lymphome folliculaire en post-autogreffe ?
Cela a-t-il un intérêt de faire un scanner annuel plus une biopsie ostéo-médullaire (BOM) dans la surveillance d’un lymphome folliculaire en post autogreffe ? Une question simple pour un problème bien pratique. Cela revient aussi à se demander s’il est relevant de détecter plus rapidement une progression ou une rechute infra-clinique dans le LF et si cette détection plus précoce influence la survie. A cette question, nos collègues italiens répondent dans une étude publiée dans Haematologica par un NON franc et massif. Sur les 71 patients autogreffés puis surveillés par scanner et BOM annuel, la rechute a été détectée d’abord par l’examen clinique chez 18 patients. Dix ont été traités dès la rechute clinique. Pour les patients sans signe clinique de lymphome (donc des patients qui ne se plaignent de rien), le scanner a mis en évidence une rechute ou une progression chez 8 patients et la BOM chez 6 patients auquel on ajoute 2 cas où BOM et scanner ont simultanément démontré la réapparition du lymphome. Contrairement aux rechutes cliniques, seul 1 patient a été traité immédiatement et pour cause ce patient présentait une transformation agressive prouvée histologiquement. Après 18 ans de suivi médian, 5 de ces 18 patients n’ont toujours pas été traités. La médiane de délai entre autogreffe et retraitement pour ces patients a été de 3 ans. Le moins que l’on puisse dire c’est que le clinicien ne se contente pas de « voir » la rechute sur le scanner ou le compte-rendu anatomopathologique de la BOM, encore faut-il qu’il soit « cliniquement » convaincu de la nécessité du traitement. Le devenir des patients semble donner raison au « bon » sens clinique. La survie médiane est de 8 ans pour les patients pour qui la rechute a été constatée cliniquement contre 9 ans pour les patients en rechute sur la BOM et/ou le scanner ce qui n’est pas statistiquement significatif. Dans leur conclusion, les auteurs ne font pas dans la demi-mesure : une surveillance radiologique annuelle dans le LF en post-autogreffe est « futile », « coûteuse », « angoissante pour le patient » sans compter l’exposition aux radiations qui n’est pas sans risque. Si la méthodologie de ce travail n’est pas sans reproche, la conclusion pourrait nous faire faire quelques économies de notre côté des alpes.
Rédacteur : Steven Le Gouill
> Gerlinger M, Rohatiner AZ, Matthews J, Davies A, Lister TA, Montoto S. Surveillance investigations after high-dose therapy with stem cell rescue for recurrent follicular lymphoma have no impact on management. Haematologica. 2010 Jan 27.

  
 
 
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