L’examen cytogénétique conventionnel (CC) est important dans l’exploration d’une LAM. Les patients avec un caryotype complexe ont un mauvais pronostic ; ceux qui ont un caryotype normal ont un pronostic intermédiaire et ceux qui ont des anomalies impliquant le récepteur de l’acide rétinoïque ou les protéines du core binding factor (CBFs) ont un bon pronostic. Les nouveaux outils font appel à la CGH (array) qui permet de détecter des anomalies du nombre de copies (CNA) même < 5 Mbp mais incapable de mettre en évidence des anomalies équilibrées ou d’identifier des clones minoritaires avec anomalies génomiques. L’utilisation des SNP (Single Nucleotid Polymorphism) array permet d’identifier des CNA mais aussi des disomies uniparentales acquises (aUPD) (segment de chromosome provenant d’un seul parent). Les techniques de séquençage ont permis de caractériser les mutations comme les mutations de FLT3 ou de KIT de mauvais pronostic et les mutations de NPM1 de bon pronostic. L’amélioration des techniques de séquençage permettent d’envisager des séquençages complets des tumeurs et de comparer ce séquençage au tissu sain et de caractériser les SNVs (Single Nucleotid Variant). Les techniques de CGH array ont permis de montrer la présence d’anomalie du nombre de copies dans les LAM chez les patients avec CC normale dans environ 25% des cas, avec des pertes sur des gènes suppresseurs de tumeurs NF1 (17q), ETV6 (12p), CDKN2A ou 2B (9p) ou des gains de MYC mais aussi chez les patients avec un caryotype complexe où les CNA sont identifiées chez tous les patients. Chez les patients avec une LAM3, les CNA sont observées dans 40% des cas et les mutations de FLT3 pourraient être observées exclusivement chez les patients sans CNA, même si ce point est discuté dans la littérature. Les patients avec une t(8 ;21) ou une inv(16) ont des CNA dans environ 1/3 des cas. L’impact des CNA sur le pronostic n’est pas encore clairement établi : les CNA sont plus fréquentes dans les LAM6 et les LAM7 et la survie est moins bonne chez les patients avec des anomalies en 17q ou 21q. Le nombre total de CNA par patient ne semblerait pas avoir d’influence sur la survie, laissant suggérer que des gains ou des pertes spécifiques pourraient avoir un réel impact sur cette survie. Les CNA dans la LAM3 ne modifient pas le taux de RC et les CNA dans la t(8 ;21) ne sembleraient pas aggraver le pronostic, même si l’interprétation des résultats est difficile en raison de mutations de KIT plus fréquentes dans le groupe de patients avec CNA. La présence d’aUPD est fréquente (environ 20%) chez les patients avec une LAM, avec des régions récurrentes en 11p, 11q, 6p et 9q. A la rechute, les aUPD sont identifiées dans 40% des cas avec des anomalies récurrentes fréquentes en 13q. Il est encore difficile de savoir si le clone leucémique est homozygote ou non pour la mutation, s’il existe une association entre aUPD et mutations homozygotes et quel est le réel impact de toutes ces anomalies sur le pronostic. La connaissance des SNVs n’est pas encore accessible mais la publication de Mardis et al dans le New England Journal of Medecine, 2009, 381, 1058-1066 a permis de montrer des mutations somatiques dans le génome d’un patient avec une LAM par rapport à la séquence du génome dans la peau avec 12 et 52 mutations identifiées respectivement dans les séquences codantes et dans les régions régulatrices. Des mutations de NRAS, NPM1 et IDH1 ont été mises en évidence. Tous ces outils, même s’ils ne sont pas encore accessibles dans l’immédiat vont bouleverser les connaissances en particulier de la LAM. |