Dans cet article, les auteurs de la Mayo Clinic, Rochester, MN analysent 2487 patients avec une LLC (diagnostic entre 1995 et 2008), dont 593 patients âgés de moins de 55 ans, 713 patients âgés entre 55 et 64 ans, 748 patients avec un âge entre 65 et 74 ans et enfin 433 patients âgés de plus de 75 ans. Les patients dont l’âge est inférieur à 55 ans ont plus souvent un stade de Rai intermédiaire et ceux qui sont âgés de plus de 65 ans ont plus fréquemment un chiffre de lymphocytes > 30 x 109/L. En revanche, quel que soit le groupe d’âge, il n’existe pas de différence significative concernant l’expression du CD38, de ZAP-70, le profil des gènes des chaînes lourdes des immunoglobulines ou les anomalies cytogénétiques détectées par FISH interphasique. Les auteurs montrent aussi que la survie des patients avec une LLC est significativement plus courte que la survie observée dans une population normale contrôle de même âge et ce pour tous les sous groupes de patients, excepté les patients de plus de 75 ans. La survie des patients avec un stade 0 dans la classification de Rai est aussi plus courte que celle observée dans la population contrôle, sauf chez les patients de plus de 75 ans. L’analyse multivariée, réalisée chez 585 patients pour lesquels l’ensemble des paramètres est disponible, montre que pour l’ensemble de la cohorte étudiée le stade dans la classification de Rai (haut risque versus bas risque, risque intermédiaire versus bas risque), le profil non muté, le chiffre de lymphocytes > 30 X 109/L, une expression positive du CD38 sont des facteurs indépendants permettant de prévoir le délai pour la mise en route du premier traitement, contrairement à la FISH ou à l’expression de ZAP-70. Concernant la survie, l’expression positive du CD38, les anomalies de haut risque détectées à l’examen par FISH représentent des facteurs indépendants, contrastant avec l’absence d’impact du stade, de ZAP-70, du profil ou du chiffre de lymphocytes > 30 x 109/L. Quel que soit le sous groupe de patients, le stade, le chiffre de lymphocytes, l’expression de CD38 et de ZAP-70 et le profil restent des facteurs pour prévoir le délai jusqu’au premier traitement, y compris chez les patients âgés de plus de 75 ans. L’examen par FISH est aussi un facteur prédictif sauf chez les patients de plus de 75 ans. Néanmoins, tous les facteurs cités ci-dessus excepté le chiffre de lymphocytes ont un impact moins important pour prévoir la survie globale. Enfin, en cas de stade 0 dans la classification de Rai et chez tous les patients dont l’âge est < 75 ans, les patients avec un profil non muté ou des anomalies de haut risque par FISH interphasique, ont une survie inférieure à la population contrôle. On observe une survie inférieure des patients avec une LLC par rapport à une population contrôle dans tous les groupes d’âge, sauf chez les plus de 75 ans, où les nuances du profil biologique, des patients avec une LLC, varient en fonction de l’âge. Enfin, chez les patients âgés de moins de 75 ans, l’intérêt du profil et de la FISH interphasique sont bien des facteurs pronostics du risque de décès. |