N°420 du 27 juillet 2010

Bortézomib et t(4 ;14) dans le myélome multiple.
Tout comme l’émergence des nouvelles molécules, la détermination des anomalies cytogénétiques du plasmocyte malin dès le diagnostic a constitué un progrès significatif de ces dernières années dans la compréhension que nous avons du myélome multiple (MM). Ces anomalies récurrentes comme la del(17p), la del(13), la translocation t(4 ;14) ou t(14 ;16) revêtent aussi un poids pronostic. Quelques études préliminaires laissaient penser que le bortézomib pourrait améliorer la survie des MM t(4 ;14) et del(17p), qui constituent des sous-groupes particulièrement agressifs de MM. Pour répondre à cette question, l’IFM a comparé la survie d’un groupe de patients avec t(4 ;14) ou del(17p) traités par bortézomib/dexamethasone (VD) à des patients avec les mêmes anomalies mais traités par VAD. Les prélèvements provenaient des patients de l’essai clinique IFM 2005-01 ou des patients traités selon ce protocole. Après VD ou VAD, les patients qui avaient tous moins de 65 ans étaient systématiquement autogreffés avec un conditionnement par forte dose de melphalan. Au diagnostic, les MM t(4 ;14) ou del(17p) ont des caractéristiques cliniques similaires aux MM sans anomalies cytogénétiques, cependant on observe plus de MM avec un isotype IgA chez les MM t(4 ;14) et plus de MM à chaînes légères dans le groupe del(17p). Les MM t(4 ;14) comme les del(17p) ont aussi un score IIS plus souvent défavorable (>40% de score ISS III) que les autres MM. La première partie de l‘étude a confirmé que les MM avec t(4 ;14) ou del(17p) ont bien une EFS et une OS plus courte que les autres MM qui ne présentent pas l’une de ces deux anomalies. Les auteurs ont ensuite comparé les MM t(4 ;14) traités par VAD (n=96) à ceux traités par VD (n=106). Dans le premier groupe, la médiane de l’EFS est de 16 mois contre 28 mois dans le second groupe. L’avantage d’un traitement par VD par rapport à une première ligne de type VAD se confirme également sur l’OS calculée à 4 ans: 63% versus 32%. Par contre, il n’est pas observé de bénéfice à un traitement par VD pour les MM del(17p) (n=54) par rapport aux MM del(17p) traités par VAD tant en EFS qu’en OS. L’utilisation du bortézomib en première ligne permet donc d’influencer positivement la survie des MM t(4 ;14) sans pour autant gommer l’impact pronostic défavorable de cette anomalie. Par contre et toujours selon l’IFM, le pronostic des MM del(17p) reste sombre même sous bortézomib. Un impact favorable du bortézomib pour ce dernier groupe de MM qui avait pourtant été retrouvé dans d’autres études (VISTA, total therapy de groupe de Little Rock) mais avec un recours à plus d’injections de bortézomib.
Rédacteur : Steven Le Gouill

  
 
 
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